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vendredi 26 novembre 2010

La peau des murs

Chez les gens les murs sont si minces qu'on entend battre la vie derrière comme le sang sous la peau.

Chez les gens modestes, les mères se lèvent tôt et préparent un café qui crache et glougloute derrière la paroi. Le Nespresso ne règne pas sur les tables en Formica.

Chez les gens modestes, ces mêmes mères font des toilettes de souris mais forcément on les entend quand même.

Chez les gens modestes, on se lève donc tôt et on rejoint les mères dans la cuisine qui trempent de petites tartines de miel dans un bol de café.

Chez les gens modestes, on se souvient des bruits du père derrière la peau des murs. De la toilette au bruit lourd de son pas jusqu'à la fermeture de la ceinture.

Et du choc du pain grillé contre le bol de chocolat.

Chez les gens modestes, on se dit des choses importantes mais à voix basse pour ne pas déranger les voisins.

Chez les gens modestes, le silence est presque le seul luxe, avec l'heure de sommeil en plus.

Chez les gens modestes, la vie bat comme un cœur sous la peau et il n'est point besoin de tendre l'oreille.

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